Auteur : Dr. Éléonore Rousseau, Directrice du pôle scientifique et éditorial chez ProfThèse, Docteure en Sciences Humaines et Sociales (Sorbonne Université), ancienne membre de jurys de thèse. Publications indexées Scopus et Web of Science. Plus de 10 ans d’accompagnement doctoral multidisciplinaire.
« Depuis que j’accompagne des doctorants et que je siège dans des jurys de thèse, j’observe une constante : la réussite d’un doctorat en chimie ne tient pas seulement à la maîtrise technique ou à l’excellence académique du candidat. Elle repose sur trois piliers indissociables. Le premier : identifier un sujet de recherche en parfaite adéquation avec le laboratoire d’accueil et le financement disponible. Le deuxième : structurer une candidature irréprochable, où chaque ligne du CV pour une thèse et de la lettre de motivation démontre cette adéquation. Le troisième : anticiper la rigueur méthodologique attendue tout au long de la thèse — de la revue de littérature à la rédaction finale —, car un manuscrit bâclé ou un rapport de plagiat douteux peut anéantir des années d’efforts. Dans ce guide, je partage avec vous le protocole complet pour trouver, candidater et réussir votre thèse en chimie en France et en Suisse, en 2026 et au-delà. Chaque étape que je décris ici repose sur mon expérience directe de l’encadrement doctoral et sur les exigences que j’ai vues appliquées dans les meilleures écoles doctorales. » — Dr. Éléonore Rousseau
Comment trouver une offre de thèse en chimie en France et en Suisse ?
Pour 2026, les postes de doctorat en chimie en France et en Suisse sont publiés comme emplois de doctorant financés par contrat, bourse ou projet ; la candidature se fait via offres universitaires, pages de laboratoires et portails nationaux, avec dossier académique complet. Voici le protocole en huit étapes que je recommande à mes doctorants pour maximiser leurs chances.
1) Utilisez les portails dédiés spécialisés en recherche doctorale. Tapez « offre de thèse chimie » avec les filtres « chimie organique » et « chimie analytique » sur ABG (L’intelli’agence, France), EURAXESS (Commission européenne, toute l’Europe) et myScience.ch (Suisse). Ces plateformes agrègent les annonces officielles des laboratoires et écoles doctorales ; elles sont mises à jour quotidiennement. ABG couvre surtout la France et l’Europe francophone, EURAXESS couvre l’ensemble de l’espace européen de recherche, myScience.ch centralise les offres suisses. Les trois publient à la fois des PhD positions et des postdocs, avec dates de dépôt et contact du responsable scientifique.
2) Consultez directement les sites des écoles doctorales et des laboratoires. En France, les offres de doctorat figurent sur les pages des unités de recherche (CNRS, CEA, universités) ; pour la chimie, c’est le canal principal. Par exemple, si vous ciblez Nantes, cherchez « thèse chimie nantes » sur le site de l’École doctorale 3MPL ou des laboratoires CEISAM. En Suisse, les PhD positions sont publiées sur les pages des départements (ETH Zürich, EPFL, Université de Genève, PSI) et non dans une liste centralisée unique.
3) Exploitez les réseaux professionnels et les alertes LinkedIn/Indeed. Combinez « offre », « thèse », « chimie » + région (« suisse », « nantes ») + année (« 2026 ») pour capter les nouvelles annonces dès leur publication. Sur LinkedIn, les recruteurs et les principal investigators publient souvent des appels avant même la mise en ligne officielle sur les portails institutionnels. Indeed agrège également des offres de doctorat industriel et de CIFRE.
4) Ciblez les laboratoires par domaine de spécialisation et envoyez des candidatures spontanées. Identifiez les groupes de recherche qui correspondent à votre projet de recherche (synthèse organique, chimie analytique, matériaux, électrochimie) et envoyez un e-mail avec objet clair : « Candidature — offre de thèse chimie analytique 2026 ». Joignez votre CV pour une thèse académique, une lettre de motivation ciblée et, si possible, un projet de recherche d’une page. Sur les sites de laboratoires français et suisses, le contact du principal investigator est souvent indiqué ; cette approche proactive est courante et bien vue, surtout avant publication officielle du concours.
5) Abonnez-vous aux alertes e-mail des portails et des laboratoires. Créez des alertes Google Scholar, EURAXESS Jobs et ABG avec vos mots-clés (« thèse chimie organique », « thèse chimie analytique 2026 », « PhD chemistry France ») pour recevoir les nouvelles annonces par courriel. Cela vous permet de réagir dans les 24 à 48 heures suivant la publication, un avantage décisif sur les candidats qui découvrent l’offre plus tard.
6) Consultez les pages « Jobs/PhD » des groupes industriels R&D et des instituts de recherche. Les entreprises de chimie des matériaux, de pharmacie et d’énergie publient des thèses CIFRE et des PhD positions sur leurs portails carrière (BASF, Solvay, Novartis, Roche). Les instituts comme l’EPFL, l’ETH Zürich et le Paul Scherrer Institute (PSI) affichent leurs offres doctorales sur leurs pages dédiées, avec financement lié au laboratoire ou au grant européen.
7) Recherchez sur les sites des congrès et des sociétés savantes. Les offres de thèse sont régulièrement publiées sur les pages de la Société Chimique de France, de la Royal Society of Chemistry, et lors des conférences spécialisées (European Chemistry Congress, IUPAC). Inscrivez-vous aux newsletters de ces organisations pour être informé en temps réel.
8) Vérifiez le financement et l’éligibilité avant de postuler. Lisez attentivement l’annonce : type de contrat (contrat doctoral, CIFRE, bourse ANR/ERC), montant de la rémunération, conditions de visa pour les candidats non-européens, exigences linguistiques (niveau B2 en français ou anglais selon le laboratoire). Ne perdez pas de temps sur une offre pour laquelle vous n’êtes pas éligible ; concentrez-vous sur les postes où votre profil correspond exactement aux critères.
| Portail | Pays/Portée | Discipline (organique/analytique/…) | Type d’offres | Fréquence des mises à jour | Lien |
|---|---|---|---|---|---|
| ABG (L’intelli’agence) | France, Europe francophone | Toutes (filtres disponibles) | PhD, postdoc, ingénieur de recherche | Quotidienne | www.abg.asso.fr |
| EURAXESS Jobs | Europe (40+ pays) | Toutes (filtres par discipline) | PhD, postdoc, senior researcher | Quotidienne | euraxess.ec.europa.eu/jobs |
| myScience.ch | Suisse | Toutes (filtres disponibles) | PhD, postdoc, academic positions | Quotidienne | www.myscience.ch |
| Nature Careers | International | Toutes sciences naturelles | PhD, postdoc, faculty | Quotidienne | www.nature.com/naturecareers |
| AcademicPositions | International | Toutes disciplines académiques | PhD, postdoc, lecturer | Quotidienne | www.academicpositions.com |
Comprendre la thèse en chimie en France et en Suisse
Qu’est-ce qu’une thèse de doctorat ? (Durée, déroulement, rémunération)
En France, le doctorat dure trois ans, sous contrat doctoral de droit public, avec une rémunération mensuelle brute fixée par décret du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR). Au 1er janvier 2026, le montant minimal brut mensuel du contrat doctoral est d’environ 2 100 € ; ce chiffre est indexé annuellement et publié au Journal officiel. En Suisse, le doctorat en chimie dure typiquement trois à quatre ans, avec un contrat de doctorant salarié et un salaire annuel brut d’environ 47 000 à 55 000 CHF selon l’institution (EPFL, ETH Zürich, Université de Genève). Le déroulement suit une séquence normalisée : sélection du sujet et du directeur, validation du projet de recherche, démarrage des travaux expérimentaux ou théoriques, collecte et analyse des données, rédaction d’une thèse, dépôt du manuscrit, puis soutenance publique devant un jury.
Cette structure est cadrée par l’Arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale (France) et par les règlements des écoles doctorales suisses. Le contrat doctoral français est un contrat de 35 heures par semaine ; il peut inclure jusqu’à 64 heures annuelles d’enseignement ou de valorisation, conformément à l’Arrêté du 25 mai 2016. En Suisse, le doctorant est employé par l’université ou l’EPF, avec des missions de recherche et parfois d’assistance à l’enseignement ou de travaux techniques pour le groupe.
Les acteurs clés : laboratoire, école doctorale et directeur de thèse
En France, trois entités encadrent le parcours doctoral. Le Laboratoire accueille le doctorant, l’intègre à une équipe de recherche, fournit les moyens matériels (équipements, réactifs, logiciels) et le cadre scientifique quotidien du travail de thèse. C’est dans le laboratoire que se déroulent les manipulations, les analyses et les discussions scientifiques avec les autres chercheurs.
L’École doctorale organise le parcours doctoral administratif et pédagogique. Elle assure l’inscription du doctorant, veille au respect des règles de formation doctorale (formations transversales, comités de suivi individuel), et valide les étapes jusqu’à la soutenance. L’école doctorale est l’interface entre le doctorant, l’établissement d’enseignement supérieur et les organismes de financement.
Le Directeur de thèse encadre individuellement le doctorant. Il définit et suit le sujet de recherche, valide l’avancement scientifique lors des réunions régulières, corrige les rapports d’étape et les drafts de chapitres, et accompagne la préparation de la soutenance. Le directeur est le garant scientifique du projet ; sa signature est indispensable pour le dépôt du manuscrit et la convocation du jury.
Les différents types de financement
Pour 2026, les financements doctoraux en chimie en France se structurent en six canaux principaux, chacun avec ses spécificités.
Le contrat doctoral est le cadre public de référence. Il finance un doctorant pendant trois ans via un employeur public (université, CNRS, INSERM). Le montant minimal fixé par arrêté ministériel est publié annuellement ; pour 2026, il est estimé à environ 2 100 € brut mensuel, soit approximativement 25 200 € brut annuel. Le doctorant est salarié de l’établissement, avec missions de recherche et éventuellement enseignement ou valorisation.
La CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) est gérée par l’ANRT. Elle associe une entreprise, un laboratoire académique et un doctorant dans un contrat de trois ans. L’entreprise verse au doctorant un salaire brut annuel minimum fixé par la réglementation CIFRE ; selon les barèmes ANRT 2026, ce montant est d’au moins 26 400 € brut par an. L’entreprise reçoit en contrepartie une subvention annuelle de l’État. La CIFRE offre une expérience industrielle précieuse, mais le sujet de recherche est souvent imposé par l’entreprise partenaire.
Les financements ANR et ERC peuvent inclure une allocation doctorale intégrée à un projet de recherche compétitif. Ces financements ne sont pas des bourses autonomes ; ils dépendent de l’obtention du grant par le laboratoire. Le doctorant bénéficie alors du contrat doctoral standard financé par le projet, avec un montant aligné sur le minimum réglementaire français (environ 25 200 € brut/an en 2026).
Les aides régionales sont des cofinancements ou des bourses complémentaires publiés par les Régions françaises (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, etc.). Elles varient selon la collectivité et l’établissement ; elles sont souvent conditionnées à un co-financement par le laboratoire ou l’entreprise. Les montants et critères d’éligibilité sont définis dans les appels à projets régionaux publiés annuellement.
Les bourses industrielles financent un doctorat en partenariat entreprise-unité académique, souvent via CIFRE ou cofinancement direct. Le financeur est l’entreprise ; le doctorant travaille sur un sujet appliqué avec accès aux infrastructures industrielles. Le montant dépend de l’accord négocié entre l’entreprise et le laboratoire.
Les financements européens (bourses Marie Skłodowska-Curie Actions, ERC Starting Grants) et les bourses internationales (gouvernements étrangers, fondations) complètent ce paysage. Leur montant et leurs conditions dépendent du programme et du pays d’origine du candidat.
| Type de financement | Montant indicatif (brut/an) | Éligibilité | Avantages | Lien d’info |
|---|---|---|---|---|
| Contrat doctoral (MESR) | ≈25 200 € (estimation 2026) | Inscription en doctorat + établissement d’accueil | Contrat salarié de droit public, stabilité, accès aux formations doctorales | enseignementsup-recherche.gouv.fr |
| CIFRE (ANRT) | ≥26 400 € (minimum réglementaire 2026) | Contrat avec entreprise + laboratoire + inscription doctorat | Expérience industrielle, réseau professionnel, co-encadrement académique-industriel | www.anrt.asso.fr |
| Bourse ANR/ERC | ≈25 200 € (indexé sur contrat doctoral) | Dépend du projet financé + inscription doctorat | Recherche de pointe, environnement compétitif, visibilité internationale | anr.fr | erc.europa.eu |
| Aide régionale | Variable (souvent cofinancement) | Critères régionaux + établissement partenaire | Complément de financement, ancrage territorial | iledefrance.fr (exemple Île-de-France) |
| Bourse industrielle | Variable (négocié avec l’entreprise) | Accord entreprise + laboratoire + inscription doctorat | Sujet appliqué, transfert de technologie, embauche potentielle | Contact direct entreprise |
Note méthodologique : Les montants indiqués sont basés sur les barèmes réglementaires français publiés par le MESR et l’ANRT pour 2025-2026. Les chiffres exacts doivent être vérifiés auprès des arrêtés ministériels annuels et des pages officielles des financeurs, car ils sont indexés chaque année. Pour le contrat doctoral MESR, le montant de 2 100 € brut mensuel (soit 25 200 € brut annuel) correspond à l’estimation 2026 basée sur la progression observée dans les textes réglementaires antérieurs ; le chiffre définitif sera publié dans l’arrêté annuel du MESR. Pour la CIFRE, le minimum de 26 400 € brut annuel est le seuil réglementaire fixé par l’ANRT pour 2026 selon les informations disponibles sur le site officiel de l’ANRT. Les montants ANR/ERC sont généralement alignés sur le contrat doctoral français, mais peuvent varier selon le grant spécifique.
Références : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), « Contrat doctoral », 2026 ; ANRT, « Convention CIFRE », 2026 ; Agence nationale de la recherche (ANR), 2025 ; European Research Council (ERC), 2025 ; Région Île-de-France, appels doctoraux 2025–2026.
Dépôt, diffusion et archivage de la thèse (France)
Après la soutenance, le doctorant doit déposer une version numérique de sa thèse conformément à l’arrêté du 7 août 2006 relatif au dépôt, à la signalement, à la reproduction et à la diffusion des thèses. Cette version est destinée à un archivage pérenne au Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur (CINES) et à la diffusion publique via les plateformes HAL et theses.fr.
Formats et métadonnées : Le manuscrit doit être fourni au format PDF/A (norme ISO 19005-1 pour la conservation sur le long terme). Les métadonnées descriptives (titre, auteur, résumés français et anglais, mots-clés, discipline, école doctorale, date de soutenance, membres du jury) doivent être renseignées selon le schéma TEF (Thèses Électroniques Françaises) de l’ABES. L’école doctorale ou le service des thèses de l’établissement valide ces métadonnées avant transmission.
Test FACILE du CINES : Avant archivage définitif, le fichier PDF/A doit passer le test FACILE (Format Adapté Contrôle et Interopérabilité pour L’archivage Électronique) proposé en ligne par le CINES. Ce test automatique vérifie la conformité du format, l’absence d’éléments interdits (polices non incorporées, scripts, chiffrement) et la lisibilité à long terme. En cas d’échec, le service des thèses procède aux corrections techniques nécessaires (conversion, aplatissement de calques, incorporation de polices) et soumet à nouveau le fichier jusqu’à validation.
Diffusion HAL/TEL et theses.fr : Une fois le fichier validé par le CINES, la thèse est signalée dans le Sudoc (catalogue collectif de l’enseignement supérieur français) et déposée sur la plateforme nationale theses.fr. Si l’auteur a accepté la diffusion libre, le texte intégral est également versé sur TEL (Thèses en Ligne), archive ouverte hébergée par HAL (Hyper Articles en Ligne). Cette diffusion permet une visibilité internationale et un référencement dans les bases de données académiques.
Embargo et confidentialité : Dans certains cas (brevets en cours, contrats industriels, données sensibles), le doctorant peut demander un embargo temporaire sur la diffusion du texte intégral, généralement d’une durée d’un à trois ans. L’embargo doit être justifié et approuvé par l’école doctorale et le directeur de thèse. Les métadonnées restent accessibles publiquement, mais le fichier PDF complet n’est pas diffusé pendant la période d’embargo.

Qu’est-ce qu’une thèse en chimie et comment s’y préparer ?
Une thèse en chimie est un projet de recherche avancé visant à produire une contribution originale dans le domaine de la chimie. Faire une thèse de chimie implique de définir une problématique claire, de maîtriser l’état de l’art et de planifier une méthodologie rigoureuse. La thèse en chimie se déroule au sein d’un laboratoire, sous la direction d’un encadrant, avec des étapes jalonnées par des rapports et des présentations de la recherche.
Pour bien s’y préparer, suivez ces six étapes.
1) Choix du domaine scientifique. Identifiez tôt la sous-discipline qui vous passionne (chimie organique, analytique, matériaux, électrochimie, théorique). Lisez les publications récentes, assistez à des séminaires, discutez avec des chercheurs. Votre sujet de thèse doit être à l’intersection de vos compétences, de vos intérêts et des besoins du laboratoire.
2) État de l’art. Cartographiez les thèmes de recherche actuels dans votre domaine. Utilisez Web of Science, Scopus, PubMed pour identifier les articles clés, les auteurs influents et les lacunes dans la littérature. Organisez vos lectures par hypothèses ou par méthodes ; tracez un fil logique reliant l’état de l’art et votre future contribution. Un outil de gestion bibliographique comme Zotero ou EndNote est indispensable pour collecter et organiser vos références dès cette étape.
3) Méthodologie. Planifiez les protocoles expérimentaux ou théoriques que vous allez utiliser. En chimie organique : synthèse, purification, caractérisation (RMN, IR, masse). En chimie analytique : chromatographie, spectrométrie, validation de méthode. En chimie computationnelle : DFT, dynamique moléculaire, modélisation. Assurez-vous que vous maîtrisez ou allez apprendre ces techniques pendant votre M2 ou dès le début du doctorat.
4) Planning du projet. Découpez votre thèse en objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement définis). Identifiez les jalons critiques (fin de la revue de littérature, synthèse de la molécule cible, première soumission d’article, dépôt du manuscrit). Anticipez les risques (échec de synthèse, manque de réactif, panne d’équipement) et prévoyez des solutions de repli.
5) Compétences techniques. Listez les équipements et logiciels que vous devrez maîtriser. Suivez des formations internes au laboratoire ou des stages courts. En chimie, la manipulation d’appareils coûteux (RMN 400 MHz, LC-MS/MS, GC-MS, spectromètre IR) exige une formation certifiée ; ne négligez pas cet aspect dès le M2.
6) Communication scientifique. Entraînez-vous à la rédaction d’articles (format IMRAD), à la préparation de posters et de présentations orales. Participez à des journées doctorales, des congrès nationaux et internationaux. La soutenance de thèse est un exercice de communication ; plus vous vous entraînerez en amont, plus vous serez à l’aise le jour J.
Cette approche structurée de la recherche facilite la progression dans le domaine et sécurise la réussite de la thèse de chimie. Un doctorant qui démarre avec un plan clair, une maîtrise des outils et une compréhension approfondie de l’état de l’art réduit considérablement le risque d’échec ou d’abandon.
Les grands domaines pour une thèse en chimie
La thèse en chimie organique
La thèse en chimie organique explore la synthèse, la réactivité et la conception de molécules organiques. Ce domaine de la chimie offre une spécialisation prisée en recherche pharmaceutique, matériaux organiques et catalyse. Une thèse chimie organique mobilise planification expérimentale (rétrosynthèse, optimisation de rendements), caractérisation par spectroscopie (RMN 1H, 13C, IR, masse) et modélisation moléculaire (DFT pour prédire la réactivité).
Dans le domaine industriel, la chimie organique relie découverte de nouvelles molécules et mise à l’échelle du procédé (scale-up). Les projets doctoraux incluent souvent la synthèse totale de produits naturels, le développement de réactions catalytiques asymétriques ou la conception de ligands pour la coordination métallique. Choisir ce type de thèse, c’est viser un fort impact applicatif (médicaments, agrochimie, matériaux fonctionnels) et des collaborations pluridisciplinaires avec des biologistes, des pharmaciens et des ingénieurs chimistes.
Les techniques centrales sont la chromatographie (HPLC, TLC), la spectroscopie (RMN multi-noyaux, spectrométrie de masse haute résolution) et la cristallographie aux rayons X pour la détermination de structures. Les logiciels comme ChemDraw (dessin de molécules), MestReNova (traitement de spectres RMN) et Gaussian (calculs quantiques) sont incontournables. Les débouchés académiques se situent dans les laboratoires de chimie fine et de synthèse ; les débouchés industriels couvrent la R&D pharmaceutique, la chimie des polymères et la chimie verte.
La thèse en chimie analytique
La thèse en chimie analytique se concentre sur l’identification, la séparation et la quantification d’espèces chimiques. Cette spécialisation couvre spectrométrie de masse (LC-MS, GC-MS), chromatographie (HPLC, UPLC, GC) et développement de capteurs électrochimiques ou optiques. Une thèse chimie analytique forme à la validation de méthodes analytiques (linéarité, précision, limite de détection, limite de quantification), à la traçabilité métrologique et à la qualité des données selon les normes ISO 17025 ou les bonnes pratiques de laboratoire (BPL).
Dans le domaine clinique, les méthodes analytiques servent au dosage de biomarqueurs, de métabolites ou de médicaments dans des matrices biologiques (sang, urine, tissus). Dans le domaine environnemental, elles permettent la surveillance des polluants (pesticides, métaux lourds, HAP) dans l’eau, l’air et les sols. Dans l’industrie, elles assurent le contrôle qualité des produits chimiques, pharmaceutiques et agroalimentaires.
Un projet doctoral typique en chimie analytique inclut le développement d’une nouvelle méthode (par exemple : détection ultra-sensible d’un contaminant émergent par LC-MS/MS), sa validation complète et son application à des échantillons réels. Les compétences requises sont la maîtrise des instruments analytiques, la chimiométrie (traitement statistique des données, plans d’expériences) et la rédaction de protocoles normalisés. Les logiciels utilisés sont MassLynx (spectrométrie de masse), Chromeleon (chromatographie), MATLAB ou R (analyse de données).

Autres domaines pertinents (chimie des matériaux, théorique/computationnelle, électrochimie)
Au-delà de l’organique et de l’analytique, une thèse en chimie peut viser trois autres axes majeurs.
La chimie des matériaux se concentre sur le design, la synthèse et la caractérisation de matériaux fonctionnels : batteries lithium-ion et post-lithium, polymères conducteurs, matériaux poreux (MOF, zéolithes), céramiques, composites. Les projets doctoraux incluent la mise au point de nouveaux électrolytes solides, l’optimisation de catalyseurs hétérogènes ou le développement de membranes pour la séparation de gaz. Les techniques sont la microscopie électronique (MEB, MET), la diffraction des rayons X (DRX), la spectroscopie Raman et les mesures électrochimiques (voltampérométrie cyclique, spectroscopie d’impédance). Les débouchés couvrent l’énergie (stockage, conversion), l’électronique (semi-conducteurs organiques) et l’environnement (capture de CO₂, dépollution).
La chimie théorique et computationnelle utilise des méthodes quantiques (DFT, post-Hartree-Fock, théorie des fonctionnelles de la densité dépendante du temps TD-DFT) et la dynamique moléculaire (MD) pour prédire les propriétés des molécules et des matériaux avant l’expérimentation. Un doctorant en chimie computationnelle travaille sur des clusters de calcul, maîtrise des codes comme Gaussian, ORCA, VASP ou CP2K, et programme en Python ou Fortran pour automatiser les workflows. Les applications vont de la prédiction de spectres UV-Vis à la simulation de réactions enzymatiques, en passant par le criblage virtuel de candidats médicaments.
L’électrochimie étudie les processus redox à l’interface électrode-électrolyte. Les thèses en électrochimie couvrent la cinétique de transfert de charge, la corrosion, les batteries, les piles à combustible, l’électrosynthèse organique et les capteurs électrochimiques. Les techniques clés sont la voltampérométrie (cyclique, à balayage linéaire, à impulsion différentielle), la spectroscopie d’impédance électrochimique (EIS) et la microscopie électrochimique à balayage (SECM). Les débouchés académiques et industriels sont dans l’énergie, la catalyse et les dispositifs médicaux.
| Domaine | Compétences clés | Méthodes/Outils typiques | Secteurs d’application | Mots-clés pour recherche d’offres |
|---|---|---|---|---|
| Chimie organique | Synthèse, rétrosynthèse, caractérisation spectroscopique, DFT | RMN, IR, masse, HPLC, ChemDraw, Gaussian | Pharmacie, agrochimie, matériaux organiques, catalyse | « organic synthesis », « medicinal chemistry », « catalysis » |
| Chimie analytique | Séparation, quantification, validation de méthode, chimiométrie | LC-MS, GC-MS, HPLC, UPLC, capteurs, MassLynx, R | Santé, environnement, contrôle qualité, forensique | « »analytical chemistry » », « »LC-MS » », « »method validation » » |
| Chimie des matériaux | Synthèse de matériaux, caractérisation structurale, électrochimie | MEB, MET, DRX, Raman, BET, voltampérométrie | Batteries, catalyse, séparation, électronique, énergie | « battery materials », « MOF », « heterogeneous catalysis » |
| Chimie théorique/computationnelle | Calculs DFT, dynamique moléculaire, programmation Python | Gaussian, ORCA, VASP, CP2K, clusters HPC | Criblage de médicaments, prédiction de propriétés, catalyse | « computational chemistry », « DFT », « molecular dynamics » |
| Électrochimie | Cinétique redox, spectroscopie d’impédance, design d’électrodes | Voltampérométrie cyclique, EIS, SECM, potentiostat | Batteries, piles à combustible, corrosion, capteurs, électrosynthèse | « electrochemistry », « fuel cells », « battery electrodes » |
Préparer sa candidature pour une thèse
Votre CV pour une thèse académique pour une offre de thèse chimie doit convaincre en une page (deux maximum si vous avez plusieurs publications). Structurez-le en cinq blocs obligatoires, dans cet ordre de priorité.
1) Diplômes et formation. Commencez par votre Master 2 (ou équivalent) : intitulé exact du diplôme, université, année d’obtention, mention si excellente. Indiquez ensuite votre Master 1, votre Licence et, si pertinent, vos classes préparatoires. Pour chaque diplôme, précisez les cours majeurs liés à la chimie (chimie organique avancée, spectroscopie RMN, analyse instrumentale, chimie quantique).
2) Expérience de recherche. Détaillez vos stages de M1 et M2 en format micro-SAR : nom du laboratoire, dates, titre du projet, objectif de recherche, méthodologie employée, résultats obtenus (rendements, pureté, nouveaux composés synthétisés, méthode validée, données publiées). Exemple : « Stage M2, Laboratoire de Chimie Organique (Université de Nantes), janvier–juin 2025. Synthèse totale d’un alcaloïde naturel par réaction de Diels-Alder. Optimisation du rendement de 32 % à 68 % via catalyse asymétrique. Caractérisation complète par RMN 1H/13C, IR, masse haute résolution. »
3) Compétences techniques. Listez les instruments et méthodes que vous maîtrisez, avec niveau de pratique (autonome, assisté, formation reçue). Pour la chimie organique : techniques de synthèse (reflux, atmosphère inerte, chromatographie flash), spectroscopie (RMN, IR, masse), purification (HPLC préparative, recristallisation). Pour la chimie analytique : LC-MS, GC-MS, HPLC, UPLC, validation de méthode. Pour la chimie computationnelle : Gaussian, ORCA, VASP, scripts Python. Ajoutez les logiciels de dessin et de gestion bibliographique : ChemDraw, MestReNova, Zotero, EndNote.
4) Publications, communications et prix. Si vous avez publié (même en co-auteur), citez la référence complète. Si vous avez présenté un poster ou une communication orale dans un congrès (journées doctorales, conférence internationale), indiquez le titre, l’événement, la date. Mentionnez tout prix ou distinction : bourse d’excellence, prix du meilleur poster, lauréat d’un appel à projets étudiant.
5) Langues et formations complémentaires. Niveau en anglais (TOEFL, IELTS, Cambridge si vous avez passé un test), français si vous êtes étranger. Formations transversales suivies : sécurité au laboratoire, manipulation de substances CMR, radioprotection, éthique de la recherche.
Ne mettez jamais de photo, de date de naissance, d’état civil ou de loisirs personnels dans un CV pour une thèse académique en chimie. Ces informations sont hors sujet et réduisent l’espace pour les éléments scientifiques.

La lettre de motivation pour une thèse : convaincre le directeur de thèse
Votre lettre de motivation doit faire le lien explicite entre trois éléments : vos compétences, les exigences du projet de thèse et la valeur ajoutée que vous apportez au laboratoire. Une lettre générique est éliminée en trente secondes ; une lettre ciblée double vos chances d’être convoqué en entretien.
Structure en quatre paragraphes.
Paragraphe 1 : Le projet visé et votre connaissance du laboratoire. Nommez le sujet de thèse (titre exact de l’offre), citez le nom du directeur de thèse et mentionnez une ou deux publications récentes de son groupe que vous avez lues. Montrez que vous avez compris les objectifs scientifiques du laboratoire et les enjeux du projet. Exemple : « Votre projet de thèse sur la synthèse asymétrique de molécules bioactives par catalyse organométallique, financé par l’ANR, s’inscrit dans la continuité de vos travaux publiés dans Angewandte Chemie (2024) sur les ligands chiraux de type phosphine-oxazoline. »
Paragraphe 2 : Vos compétences et leur adéquation au projet. Pour chaque exigence technique listée dans l’offre, expliquez comment vous l’avez acquise et quel résultat vous avez obtenu. Si le projet exige la maîtrise de la RMN 2D, précisez : « Lors de mon stage M2, j’ai caractérisé huit composés par RMN COSY, HSQC et HMBC, ce qui m’a permis d’élucider la structure d’un produit secondaire inattendu. » Si le projet porte sur la chimie analytique, citez votre expérience en LC-MS/MS et validation de méthode.
Paragraphe 3 : Votre contribution au laboratoire. Identifiez une tâche opérationnelle du projet que vous pouvez prendre en charge dès le début (mise au point d’un protocole, rédaction d’un article de revue, formation des étudiants de Master aux techniques de purification). Montrez que vous êtes prêt à travailler en équipe et à contribuer au succès collectif du groupe.
Paragraphe 4 : Votre motivation et votre projet professionnel. Expliquez pourquoi ce sujet de thèse vous passionne, comment il s’intègre dans votre trajectoire scientifique, et quelles compétences vous comptez développer pendant le doctorat. Terminez par une demande d’entretien claire : « Je serais honoré de discuter avec vous de mon projet de thèse lors d’un entretien. Je reste à votre disposition pour tout complément d’information. »
Relisez votre lettre à haute voix ; traquez les répétitions, les phrases trop longues et les tournures commerciales (« je suis motivé », « je suis dynamique »). Privilégiez les verbes d’action et les résultats mesurables (« j’ai synthétisé 12 composés », « j’ai validé une méthode HPLC », « j’ai co-rédigé un protocole de sécurité »).
Se préparer à l’entretien
L’entretien pour une thèse en chimie dure typiquement entre trente et soixante minutes. Il se décompose en trois phases : votre présentation (cinq à quinze minutes), les questions techniques (dix à trente minutes) et les questions sur votre motivation et votre projet professionnel (cinq à dix minutes).
Phase 1 : Votre présentation. Préparez un pitch de deux à trois minutes et cinq à dix slides PowerPoint sur votre projet de Master 2. Structure recommandée : contexte scientifique et problématique (une slide), méthodologie et protocole expérimental (deux slides), résultats principaux avec figures ou spectres annotés (deux slides), conclusion et perspectives (une slide). Répétez votre présentation à haute voix devant un miroir ou devant des collègues. Chronométrez-vous ; ne dépassez jamais le temps imparti.
Phase 2 : Questions techniques. Le directeur de thèse va tester votre maîtrise des concepts fondamentaux et votre capacité à raisonner scientifiquement. Exemples de questions en chimie organique : « Quel mécanisme proposez-vous pour cette réaction ? Comment optimiseriez-vous le rendement ? Quels seraient les sous-produits attendus ? » En chimie analytique : « Comment validez-vous une méthode LC-MS ? Quelle est la limite de détection et la limite de quantification ? Comment gérez-vous l’effet matrice ? »
Préparez-vous à interpréter des spectres (RMN 1H/13C, IR, masse). Révisez les mécanismes réactionnels clés de votre domaine, les règles de sécurité au laboratoire (manipulation de composés CMR, gestion des déchets chimiques, port des EPI) et les protocoles qualité (BPL, ISO 17025). Si vous bloquez sur une question, ne paniquez pas ; exposez votre raisonnement à voix haute, proposez plusieurs hypothèses et demandez un indice au jury.
Phase 3 : Motivation et projet professionnel. Préparez des réponses courtes et honnêtes à ces questions : « Pourquoi ce sujet de thèse ? Quels sont vos points forts et vos points faibles ? Comment gérez-vous l’échec d’une expérience ? Quel est votre projet après le doctorat (académique, industriel, enseignement) ? Avez-vous des questions pour nous ? »
Posez des questions intelligentes sur le projet, l’équipement du laboratoire, les collaborations internationales, les formations doctorales, les opportunités de mobilité. Montrez que vous avez réfléchi à votre intégration dans le groupe et à votre trajectoire scientifique sur trois ans.
« Dans mon expérience de membre de jury, l’erreur la plus fréquente lors d’un entretien doctoral n’est pas technique. C’est l’absence d’alignement entre le profil du candidat et le sujet de thèse. Un excellent étudiant en chimie théorique ne convaincra jamais un directeur de thèse spécialisé en synthèse organique expérimentale s’il ne démontre pas une réelle appétence pour le travail en paillasse. Inversement, un candidat ayant une solide expérience en spectrométrie de masse mais aucune publication ni poster à son actif devra compenser par des lettres de recommandation pour une thèse irréprochables et une lettre de motivation qui prouve sa capacité à produire des résultats publiables. L’entretien est l’endroit où vous devez montrer, par des exemples concrets tirés de vos stages et de vos lectures, que vous êtes prêt à vous investir corps et âme dans ce projet pendant trois ans. » — Dr. Éléonore Rousseau
Normes de rédaction et d’intégrité scientifique pour la thèse en chimie
Langue de rédaction et résumé substantiel
La langue de rédaction d’une thèse française doit être le français, conformément à l’article 2 de la Constitution française et à l’arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale. Dans le cas d’une cotutelle internationale ou d’un projet fortement internationalisé, la rédaction du manuscrit en anglais peut être autorisée par votre école doctorale, sous réserve d’une dérogation écrite et d’une justification scientifique. Dans ce cas, la thèse doit nécessairement comporter un résumé substantiel en français (généralement 10 à 20 pages) décrivant le contexte de la recherche, la démarche adoptée et les résultats obtenus. Ce résumé s’ajoute aux résumés courts (français et anglais, chacun d’environ 300 mots) nécessaires aux pages liminaires, conformément au guide de rédaction et de structuration des thèses édité par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR, 2016, p.6).
Références : Arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale, France, https://www.legifrance.gouv.fr/ ; Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « Guide de rédaction et de structuration des thèses », 2016.
Une bibliographie d’une thèse peut être volumineuse, c’est pourquoi il est conseillé d’utiliser un outil de gestion bibliographique afin de collecter des références, les organiser, les conserver et les mettre en forme selon le style de citation imposé par votre école doctorale ou votre discipline. Zotero et EndNote sont les deux outils les plus utilisés dans les laboratoires de chimie français et suisses.
Zotero est un logiciel libre et gratuit développé par le Center for History and New Media de l’Université George Mason. Il permet de capturer automatiquement les références depuis les bases de données bibliographiques (Web of Science, Scopus, PubMed, Google Scholar), de les organiser par collections et tags, et d’insérer des citations dans votre manuscrit Word ou LaTeX. Zotero supporte plus de 10 000 styles de citation, dont ACS Style (American Chemical Society), APA 7th edition, Vancouver, et les styles spécifiques de nombreux journaux de chimie. La direction de la documentation de nombreuses universités françaises propose des formations gratuites à Zotero dans le cadre de la formation doctorale.
EndNote est un logiciel commercial édité par Clarivate Analytics. Il offre des fonctionnalités similaires à Zotero (capture de références, organisation par groupes, insertion automatique de citations et génération de bibliographies) avec une interface différente. EndNote est particulièrement apprécié pour son intégration avec Web of Science et sa bibliothèque de styles pré-installés. De nombreuses universités disposent de licences institutionnelles pour EndNote ; vérifiez auprès de votre service informatique ou de votre bibliothèque universitaire.
Les étapes clés pour la rédaction d’une thèse de chimie réussie
La rédaction d’une thèse demande méthode et constance afin de réussir chaque partie de votre travail de recherche. Voici le protocole en huit points que j’applique avec mes doctorants pour structurer la rédaction d’une thèse.
1) Définir la structure générale. Un plan clair guide la rédaction de votre travail tout au long de la thèse. Adoptez le format IMRAD étendu : Introduction générale (contexte, état de l’art, problématique, objectifs), Matériels et Méthodes (protocoles expérimentaux, appareillage, conditions opératoires, traitement des données), Résultats (chapitres organisés par hypothèse ou par campagne expérimentale, avec figures, tableaux et spectres annotés), Discussion (interprétation des résultats, lien avec la littérature, limites, implications), Conclusion générale (synthèse, contributions originales, perspectives scientifiques et techniques).
2) La revue de littérature. Cartographiez les thèmes de recherche par hypothèses ou par méthodes. Organisez vos lectures dans un tableau Excel ou dans Zotero avec des tags (« mécanisme réactionnel », « catalyseur asymétrique », « validation de méthode LC-MS »). Rédigez des fiches de lecture pour chaque article clé : auteur, année, revue, objectif, méthodologie, principaux résultats, limites, lien avec votre projet. Tracez un fil logique reliant l’état de l’art et les lacunes que votre thèse va combler.
3) La rédaction des chapitres. Rédigez en itérations courtes : un chapitre par campagne expérimentale ou par objectif scientifique. Commencez par le chapitre Matériels et Méthodes (le plus facile, car factuel) et le chapitre Résultats (basé sur vos cahiers de laboratoire et vos spectres). Rédigez ensuite la Discussion (qui relie vos résultats à la littérature) et enfin l’Introduction et la Conclusion (qui encadrent le tout). Ne cherchez pas la perfection au premier jet ; concentrez-vous sur la complétude. Vous affinerez le style lors des relectures.
4) L’analyse des résultats et la présentation des données. Priorisez les figures et les tableaux ; chaque résultat doit être lié à une hypothèse et à la littérature. Une figure sans légende détaillée et sans discussion dans le texte n’a aucune valeur scientifique. Pour chaque graphique, expliquez : ce que l’on observe, pourquoi ce résultat est important, comment il s’intègre dans le raisonnement global, quelles sont les incertitudes et les biais possibles.
Normes de présentation des données en chimie :
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Spectres RMN : Indiquez la fréquence de l’appareil (400 MHz, 500 MHz), le solvant deutéré (CDCl₃, DMSO-d₆, D₂O), la température de mesure et la référence interne (TMS ou pic résiduel du solvant). Rapportez les déplacements chimiques (δ) en ppm, les multiplicités (s, d, t, q, m), les constantes de couplage (J en Hz) et les intégrations relatives. Exemple : « ¹H NMR (400 MHz, CDCl₃, 298 K) : δ 7.26 (d, J = 8.0 Hz, 2H, ArH), 3.65 (s, 3H, OCH₃). »
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Spectres de masse : Précisez la technique d’ionisation (ESI, APCI, EI, MALDI), le mode (positif ou négatif), la résolution (haute ou basse résolution) et le solvant d’injection. Rapportez les pics principaux avec les valeurs m/z observées et calculées, ainsi que l’écart en ppm pour les spectres haute résolution. Exemple : « HRMS (ESI-TOF, positive mode) : m/z calculé pour C₁₀H₁₂NO₂ [M+H]⁺ 178.0863, trouvé 178.0861 (Δ = 1.1 ppm). »
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Chromatogrammes (HPLC, GC, LC-MS) : Indiquez les conditions chromatographiques (colonne, phase mobile, gradient, débit, température), le détecteur (UV-Vis, fluorescence, MS) et les paramètres de détection (longueur d’onde, m/z). Annotez les temps de rétention (tR) et les aires de pics. Pour la validation de méthode, rapportez la linéarité (R²), les limites de détection (LOD) et de quantification (LOQ), la précision (CV%) et l’exactitude (recovery%).
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Unités et chiffres significatifs : Utilisez les unités SI (mol/L pour la concentration, g/mL pour la densité, °C ou K pour la température, nm pour la longueur d’onde, Hz pour la fréquence). Respectez les chiffres significatifs cohérents avec la précision de vos instruments. Exemple : un rendement de 68 % est cohérent avec une balance de précision ±0.1 mg ; un rendement de 68.234 % ne l’est pas.
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Barres d’erreur et statistiques : Pour les données quantitatives répétées, rapportez la moyenne ± écart-type (SD) ou moyenne ± erreur standard (SEM). Précisez le nombre de réplicats (n) et, le cas échéant, le test statistique utilisé (t-test, ANOVA) et le seuil de significativité (p < 0.05).
5) Gestion des références. Utilisez un gestionnaire bibliographique (Zotero ou EndNote) pour normaliser citation et bibliographie d’une thèse. Choisissez un style de citation dès le début (APA, ACS Style, ou le style imposé par votre école doctorale) et appliquez-le de manière cohérente dans tout le manuscrit. Insérez les citations au fil de la rédaction ; ne les ajou » »tez pas toutes à la fin, car vous risquez d’oublier des sources et de créer des problèmes de plagiat involontaire.
6) Qualité et clarté du texte. Privilégiez les phrases courtes (maximum vingt mots), la voix active (« nous avons synthétisé » plutôt que « la molécule a été synthétisée ») et les définitions précises des termes techniques. Vérifiez la cohérence des unités (mol/L, g/mL, °C, nm) et des symboles chimiques. Utilisez les abréviations standard (RMN, IR, LC-MS, DFT, HPLC) et définissez-les à la première occurrence.
7) Relectures croisées. Faites relire chaque chapitre par vos pairs (autres doctorants, post-doctorants) et par votre directeur de thèse. Intégrez les retours en gardant la cohérence du plan. Une relecture externe permet de détecter les incohérences logiques, les passages obscurs et les erreurs factuelles que vous ne voyez plus après des mois de rédaction. Profitez du service de correction de thèse proposé par ProfThèse pour une relecture professionnelle et indépendante.
8) Pilotage du temps. Jalonnez des objectifs SMART pour la rédaction : « Chapitre Introduction terminé avant le 15 mars », « Chapitre Résultats 1 relu et corrigé avant le 30 avril », « Manuscrit complet déposé avant le 15 juin ». Fixez des créneaux dédiés à la rédaction d’une thèse (trois heures le matin, trois jours par semaine) et protégez-les de toute interruption. La rédaction d’une thèse de chimie de 250 à 350 pages demande au minimum six mois à temps plein ; anticipez ce délai dès la fin de votre deuxième année de doctorat.
Pratiques de time-management et anti-procrastination :
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Courtes périodes quotidiennes : Plutôt que d’attendre d’avoir « une journée libre » pour écrire, bloquez des créneaux de 90 à 120 minutes chaque jour, idéalement le matin quand votre concentration est maximale. Geneviève Belleville, professeure à l’Université Laval, recommande cette approche dans son ouvrage Assieds-toi et écris ta thèse ! (2014) : « Quelqu’un qui réussit aux cycles supérieurs, c’est quelqu’un qui réussit à faire autre chose de sa vie […] C’est quelqu’un qui s’investit dans ses études, mais qui parvient aussi à faire autre chose, que ce soit les soirs ou les fins de semaine. » Source : Belleville, G. (2014). Assieds-toi et écris ta thèse ! Trucs pratiques pour la rédaction scientifique. Presses de l’Université Laval.
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Objectifs SMART : Définissez des objectifs Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis. Exemple : « Rédiger le protocole expérimental de la section LC-MS (800 mots) avant vendredi 17h » plutôt que « avancer sur le manuscrit ». Cette méthode structure votre progression et réduit l’anxiété liée au volume total du travail. Source : Belleville, G. (2014), cité ci-dessus.
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Matrice des tâches déléguables/non déléguables : Certaines tâches peuvent être déléguées sans compromettre l’intégrité scientifique : mise en page finale, vérification orthographique, reformatage de figures aux normes de l’école doctorale. En revanche, la rédaction du texte scientifique, l’interprétation des résultats et la construction de l’argumentation ne peuvent pas être déléguées. Si vous travaillez avec un service de correction de thèse, assurez-vous qu’il se limite à l’amélioration du style, de la grammaire et de la clarté, sans modifier le contenu scientifique.
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NDA et confidentialité des données industrielles : Si votre thèse implique un partenariat industriel (CIFRE, collaboration avec une entreprise), vous avez probablement signé un accord de confidentialité (NDA). Vérifiez avec votre directeur de thèse et votre contact entreprise quelles sections du manuscrit peuvent être partagées avec des tiers (correcteurs, relecteurs). En général, les données sensibles (procédés brevetables, résultats non publiés) doivent rester confidentielles ; vous pouvez alors demander un embargo temporaire sur la diffusion publique de votre thèse, comme expliqué dans la section « Dépôt, diffusion et archivage ».

Maîtriser la mise en page et les normes de citation (APA, ACS Style)
Soignez la mise en page de votre thèse : styles de titres hiérarchisés (Titre 1, Titre 2, Titre 3 dans Word ou LaTeX), numérotation automatique des chapitres et des figures, légendes descriptives pour chaque tableau et graphique, et cohérence du format de votre travail (police, interligne, marges, pagination). La mise en page n’est pas un détail cosmétique ; elle reflète la rigueur de votre démarche scientifique et facilite la lecture pour les membres du jury.
Appliquez les normes de citation et bibliographie d’une thèse imposées par votre école doctorale. Les normes APA (American Psychological Association, 7ème édition) sont courantes en sciences humaines et sociales, mais certaines écoles doctorales de chimie imposent le style ACS (American Chemical Society) ou le style Vancouver (numérotation des références par ordre d’apparition dans le texte). Vérifiez le règlement de votre école doctorale avant de commencer la rédaction ; changer de style bibliographique à la fin coûte des dizaines d’heures de travail.
Le style ACS exige : Auteur(s) ; titre de l’article ; abréviation de la revue (selon les standards ACS) ; année, volume, pages. Exemple : Dupont, J.; Martin, L.; Bernard, M. Asymmetric Catalysis with Phosphine-Oxazoline Ligands. Angew. Chem., Int. Ed. 2024, 63, 4567–4572. Les noms de revues doivent être abrégés selon le Chemical Abstracts Service Source Index (CASSI) ; par exemple, Journal of the American Chemical Society devient J. Am. Chem. Soc. Les citations dans le texte se font par appel de numéro en exposant ou entre parenthèses, selon le style choisi.
Le format APA diffère : Auteur(s), année de publication, titre de l’article, nom de la revue en italique, volume, numéro, pages, DOI. Exemple : Dupont, J., Martin, L., & Bernard, M. (2024). Asymmetric catalysis with phosphine-oxazoline ligands. Angewandte Chemie International Edition, 63(12), 4567–4572. https://doi.org/10.1002/anie.202312345. Dans le texte, les citations se font sous forme auteur-date : « (Dupont et al., 2024) ».
Utilisez un style unique dans tout le manuscrit et vérifiez les références croisées (toute citation dans le texte doit correspondre à une entrée dans la bibliographie d’une thèse, et inversement). Automatisez la citation via Zotero ou EndNote pour limiter les erreurs manuelles. Ces logiciels s’intègrent à Word et LaTeX ; ils insèrent les citations au format choisi et génèrent la bibliographie d’une thèse automatiquement. La bibliographie d’une thèse mal gérée est une cause fréquente de rejet par le jury ou de demande de corrections majeures après la soutenance.
Références : American Psychological Association, Publication Manual of the American Psychological Association, 7th ed., 2019 ; American Chemical Society, The ACS Style Guide, 3rd ed., 2006 ; guides des écoles doctorales (consultables sur les sites institutionnels).
L’importance de l’originalité : Comment éviter le plagiat
Le plagiat est défini comme l’appropriation des idées, des résultats ou des mots d’autrui sans attribution claire. En recherche académique, même le plagiat involontaire (copier-coller d’une phrase sans guillemets ni référence, paraphrase trop proche du texte original) est sanctionné. Les conséquences vont du refus de soutenance à l’annulation du diplôme et à l’interdiction d’inscription en doctorat dans d’autres établissements.
Comment éviter le plagiat dans votre thèse ?
1) Citez toutes vos sources. Dès que vous utilisez une idée, un chiffre, un résultat ou une phrase provenant d’un article, d’un livre ou d’un site web, insérez la référence complète. Utilisez les guillemets pour les citations textuelles et reformulez avec vos propres mots pour les paraphrases. Même les données publiques (constantes physiques, spectres de référence) doivent être sourcées si vous les tirez d’une base de données spécifique (NIST, Reaxys, SciFinder).
2) Paraphrasez correctement. Paraphraser ne signifie pas remplacer quelques mots par des synonymes. Paraphraser, c’est reformuler l’idée avec votre structure de phrase et votre vocabulaire, puis citer l’auteur original. Comparez :
- Texte original : « Les ligands phosphine-oxazoline sont largement utilisés en catalyse asymétrique pour la formation de liaisons C–C. »
- Mauvaise paraphrase (plagiat) : « Les ligands de type phosphine-oxazoline sont couramment employés en catalyse asymétrique pour former des liaisons carbone-carbone. »
- Bonne paraphrase : « Selon Dupont et al. (2024), les ligands phosphine-oxazoline constituent un outil de choix pour la catalyse énantiosélective des réactions de couplage C–C. »
3) Tenez un journal de lecture. Notez pour chaque article lu : référence complète, idées principales, citations utiles avec numéro de page, lien avec votre projet. Ce journal sera votre mémoire externe ; vous pourrez retrouver l’origine de chaque idée et éviter de vous approprier involontairement le travail d’un autre.
4) Utilisez un logiciel de détection de similitudes avant le dépôt. Turnitin et Compilatio sont les deux systèmes utilisés par les universités françaises et suisses. Turnitin compare votre manuscrit avec des milliards de pages web, des articles de revues scientifiques indexées et une base interne de thèses déposées. Compilatio fonctionne sur le même principe, avec une couverture privilégiée des sources francophones. Le logiciel génère un rapport de plagiat avec un pourcentage global de similitude et un surlignage coloré des passages identiques ou très proches d’une source.
Note importante sur les seuils de similarité : Le seuil de similitude acceptable varie selon les établissements et les écoles doctorales. Il n’existe pas de norme unique. Certaines universités fixent un seuil indicatif de 10 % de similitude globale, mais ce chiffre inclut souvent les citations correctement formatées, la bibliographie d’une thèse et les formules chimiques standard. D’autres établissements tolèrent jusqu’à 20 % si les passages similaires sont correctement référencés. Vérifiez le règlement de votre école doctorale avant de déposer votre manuscrit. Un taux de similitude élevé n’est pas automatiquement synonyme de plagiat si toutes les sources sont citées ; inversement, un taux faible n’exonère pas d’une attribution correcte des sources. C’est la qualité de la citation qui compte, pas seulement le pourcentage.
5) Auto-plagiat et réutilisation de vos propres travaux. Le « self-plagiarism » (ou auto-plagiat) consiste à réutiliser des passages de vos propres publications antérieures (articles, actes de conférence, mémoires de Master) sans indiquer qu’il s’agit d’une réutilisation. Si vous avez publié un article en tant que premier auteur et que vous souhaitez intégrer des paragraphes de cet article dans votre thèse, vous devez :
- Citer votre propre article comme source (« Comme nous l’avons montré précédemment (Dupont et al., 2024)… »).
- Vérifier les conditions de copyright avec l’éditeur : certains éditeurs autorisent la réutilisation de vos propres textes dans une thèse, d’autres exigent une demande de permission.
- Pour les figures et tableaux publiés, demandez l’autorisation écrite à l’éditeur si nécessaire, et citez la source dans la légende de la figure.
6) Réutilisation de figures et de schémas. Si vous réutilisez une figure, un schéma réactionnel ou un tableau provenant d’un article publié (par vous-même ou par un autre auteur), vous devez obtenir une autorisation écrite de l’éditeur et indiquer clairement la source dans la légende. Exemple de légende : « Figure adaptée de Dupont et al. (2024), Angewandte Chemie International Edition, 63, 4567. Reproduite avec la permission de Wiley. » Les licences Creative Commons (CC-BY, CC-BY-NC) peuvent autoriser la réutilisation sans permission préalable, mais vous devez toujours citer la source originale.
7) Conservez vos notes et vos versions intermédiaires. Archivez vos cahiers de laboratoire, vos fichiers de données brutes (spectres, chromatogrammes), vos brouillons de chapitres avec horodatage (versions Word ou LaTeX nommées « Chapitre1_v1_2025-03-15.docx »). En cas de suspicion de plagiat, vous pourrez prouver l’antériorité de votre travail et la traçabilité de vos sources.

FAQ : Questions pratiques sur le déroulement de la thèse
Qu’est-ce que la période de corrections après la soutenance (souvent appelée « période de garantie ») ?
Après la soutenance, le jury peut demander des corrections mineures ou majeures au manuscrit. Une période est fixée (de quelques semaines à quelques mois selon l’établissement) pour intégrer les modifications, valider la version corrigée auprès du directeur de thèse et déposer la version définitive de la thèse à l’école doctorale. Cette procédure est encadrée par l’Arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale en France. En Suisse, chaque université définit son propre règlement ; la durée typique est de trois à six mois. Les corrections mineures concernent la mise en page, les légendes de figures, les fautes d’orthographe et les références manquantes. Les corrections majeures peuvent inclure la réécriture d’un chapitre, l’ajout de données expérimentales ou la révision complète de la discussion. Dans ce cas, le jury peut demander une nouvelle lecture avant de signer le procès-verbal définitif.
Peut-on s’inspirer des méthodologies des sciences de l’éducation pour sa thèse en chimie ?
Oui, dans des contextes spécifiques. Si votre projet doctoral porte sur l’enseignement de la chimie (par exemple : évaluer l’efficacité d’une nouvelle méthode pédagogique pour l’apprentissage de la stéréochimie), vous pouvez emprunter des cadres méthodologiques aux sciences de l’éducation : conception d’enquêtes par questionnaire, entretiens semi-directifs avec des étudiants, analyse qualitative ou quantitative des réponses, validation de la fiabilité et de la validité des instruments de mesure. Ces méthodes sont décrites dans les manuels de recherche en éducation et doivent être adaptées au contexte expérimental de la chimie. Attention : dans une thèse de chimie fondamentale ou appliquée (synthèse, analyse, matériaux), les méthodologies des sciences de l’éducation ne sont pas pertinentes. Restez fidèle aux canons de votre discipline.
Quels échanges avec le jury tout au long du processus ?
Avant la soutenance, le jury reçoit le manuscrit de thèse par voie électronique ; les rapporteurs (deux membres du jury désignés pour évaluer le travail en profondeur) rédigent des rapports pré-soutenance avec leurs questions, remarques et recommandations. Ces rapports sont transmis au doctorant et au directeur de thèse quelques semaines avant la soutenance. Pendant la soutenance, le doctorant présente son travail (exposé de trente à quarante-cinq minutes), puis répond aux questions des membres du jury (une heure à une heure trente). Le jury délibère à huis clos et communique sa décision (admission, admission avec corrections, ajournement). Après la soutenance, le président du jury signe le procès-verbal ; le doctorant suit les consignes de correction de thèse et soumet la version finale à l’école doctorale pour obtenir le diplôme.
Comment planifier l’année 2026 pour une candidature en thèse démarrant en 2027 ?
Anticipez six à neuf mois avant le début souhaité. Pour une entrée en thèse en septembre ou octobre 2027, suivez ce calendrier type pour l’année 2026.
Printemps 2026 (mars–juin) : Identifiez les laboratoires et les directeurs de thèse potentiels dans votre domaine ; lisez leurs publications récentes ; contactez-les par e-mail pour exprimer votre intérêt et demander si un sujet de thèse est disponible.
Été 2026 (juillet–août) : Préparez votre dossier de candidature complet (CV pour une thèse académique, lettre de motivation, relevés de notes, diplômes, projet de recherche si demandé, lettres de recommandation pour une thèse). Soumettez les candidatures aux écoles doctorales dont les deadlines tombent en automne ou hiver.
Automne 2026 (septembre–décembre) : Les écoles doctorales ouvrent leurs appels d’offres pour l’année universitaire 2027–2028 ; les deadlines se situent entre novembre 2026 et janvier 2027. Déposez vos dossiers en ligne. Passez les entretiens (novembre–janvier). Parallèlement, soumettez vos demandes de financement (contrats doctoraux, CIFRE, bourses régionales) dont les deadlines coïncident souvent avec les admissions ou les précèdent de quelques semaines.
Hiver 2026–début 2027 (janvier–mars) : Recevez les réponses d’admission et de financement. Acceptez l’offre, signez le contrat doctoral ou la convention CIFRE, finalisez les formalités administratives (inscription, sécurité sociale, visa si nécessaire).
Printemps–été 2027 (avril–août) : Préparez votre arrivée au laboratoire (logement, déménagement, lectures préparatoires sur le sujet de thèse).
Sources et références
- ✓Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), France : « Le doctorat en France », 2024 ; « Contrat doctoral », 2026, https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/
- ✓Arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale, France : https://www.legifrance.gouv.fr/
- ✓Arrêté du 7 août 2006 relatif au dépôt et à la diffusion des thèses, France : https://www.legifrance.gouv.fr/
- ✓Association Nationale de la Recherche et de la Technologie (ANRT) : « Conventions CIFRE », 2025–2026, https://www.anrt.asso.fr/
- ✓Agence nationale de la recherche (ANR) : 2025, https://anr.fr/
- ✓European Research Council (ERC) : 2025, https://erc.europa.eu/
- ✓EURAXESS Jobs (Commission européenne) : 2026, https://euraxess.ec.europa.eu/jobs
- ✓Association Bernard Gregory (ABG) : Portail officiel, 2026, https://www.abg.asso.fr
- ✓myScience Switzerland : 2026, https://www.myscience.ch
- ✓École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) : « Academic Integrity », 2026; « PhD Chemistry and Chemical Engineering », 2026, https://www.epfl.ch/
- ✓ETH Zürich : « Doctoral studies in Chemistry », 2026, https://ethz.ch/
- ✓Paul Scherrer Institute (PSI) : Collaborations doctorales, 2026, https://www.psi.ch/
- ✓Université de Genève : « Intégrité académique », 2026, https://www.unige.ch/academia/fr/integrite/
- ✓Sorbonne Université : « Charte de l’intégrité scientifique », 2026
- ✓Committee on Publication Ethics (COPE) : « Core Practices » et « Guidelines », 2017–2024, https://publicationethics.org/core-practices ; https://publicationethics.org/guidance/Guidelines
- ✓Région Île-de-France : « Aides doctorales », 2025–2026, https://www.iledefrance.fr/
- ✓American Psychological Association (APA) : Publication Manual of the American Psychological Association, 7th edition, 2019
- ✓American Chemical Society (ACS) : The ACS Style Guide, 3rd edition, 2006
- ✓IUPAC Gold Book : International Union of Pure and Applied Chemistry, 2024, https://goldbook.iupac.org/
- ✓University of Oxford Careers Service : « CVs for academic roles », 2024
- ✓University of Cambridge Careers Service : CV templates and guides, 2023–2024, https://www.careers.cam.ac.uk/
- ✓Imperial College London Careers : CV and application guidance, 2024, https://www.imperial.ac.uk/careers/
- ✓CINES (Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur) : « Test FACILE », 2026, https://facile.cines.fr/
- ✓ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur) : « Thèses en ligne / TEL et theses.fr », 2026, https://www.abes.fr/theses/
- ✓Direction de la documentation, Université de Bordeaux : « Rédiger sa thèse », 2026; « Formations Zotero », 2026
- ✓Belleville, G. (2014). Assieds-toi et écris ta thèse ! Trucs pratiques pour la rédaction scientifique. Presses de l’Université Laval.
Date de consultation des sources : Janvier 2026.
Note finale : Ce guide représente l’état actuel des connaissances et des pratiques en matière de recherche doctorale en chimie en France et en Suisse. Les réglementations, les montants de financement et les procédures administratives peuvent évoluer. Vérifiez toujours les informations auprès des sources officielles (ministères, écoles doctorales, organismes de financement) avant de prendre une décision. Pour un accompagnement personnalisé dans la recherche d’offres, la préparation de votre candidature ou la rédaction d’une thèse, n’hésitez pas à contacter notre équipe de docteurs et d’anciens membres de jurys. Nous vous aidons à sécuriser votre parcours doctoral du premier contact avec le directeur de thèse jusqu’à la soutenance brillante de votre travail de recherche.
Information générale : Les informations fournies dans cet article sont de nature générale et éducative. Elles ne constituent pas un conseil juridique, administratif ou financier personnalisé. Les montants de rémunération, les conditions de financement et les procédures de candidature peuvent varier selon les établissements, les écoles doctorales et les années. Les données chiffrées (salaires, bourses) sont des estimations basées sur les textes réglementaires et institutionnels disponibles en janvier 2026 ; elles sont sujettes à évolution et doivent être vérifiées auprès des sources officielles (MESR, ANRT, écoles doctorales) avant toute prise de décision. L’auteur et ProfThèse ne peuvent être tenus responsables des conséquences de décisions prises sur la base de ces informations sans vérification préalable auprès des organismes compétents.
Information sur les domaines régulés (médecine, droit, finances, sécurité) : Cet article ne porte pas sur des domaines régulés tels que la médecine, le droit, les finances ou la sécurité personnelle. Les conseils fournis concernent exclusivement le domaine de la recherche doctorale en chimie, qui relève de l’enseignement supérieur et de la recherche académique. Si votre projet doctoral implique des aspects réglementés (par exemple, manipulation de substances dangereuses, protection des données personnelles, brevets), consultez les services compétents de votre établissement (service hygiène et sécurité, service juridique, service de valorisation) et respectez les règlements nationaux et institutionnels en vigueur. »
